Pourquoi j’ai refusé un job de pigiste dans un journal high tech

Il y a presque un an et demi, une revue high tech m’a proposé d’écrire pour son journal en ligne. Je ne citerai pas le journal, mais franchement la proposition valait le coup. J’ai donc entamé les négociations, car il ne faut jamais dire, oui ou non d’emblée, il faut toujours écouter ce que propose la partie contractante, prendre un peu de temps pour réfléchir et donner une réponse bien pensée après quelques jours.

Ma réponse a été non! Et je vais vous dire pourquoi.

1) Si on vous propose d’écrire pour un journal, même si c’est a priori plus rémunérateur que de bloguer, vos écrits ne vous appartiennent plus.



2) Si on vous propose ce genre de job, c’est que l’entreprise y trouve un intérêt financier et va donc gagner bien plus que vous grâce à vos écrits.  Je préfère donc prendre 100% de la part du gâteau

3) Attention liberté chérie. Non je ne veux pas être encore attaché au poteau d’un patron. Si vous bloguez, vous avez sûrement un job à côté, un patron ça suffit, deux c’est vraiment une galère.

4) Un pigiste gagne environ 100 € (brut?)  par article. Aujourd’hui, je gagne  environ 25  € par article (somme des revenus mensuels divisé par le nombre d’articles écrits sur mes blogues) il n’y a pas de raison que je n’arrive pas à gagner 100 € par article dans les années qui viennent. De  plus, 50 € me suffiraient largement.

Si j’avais dit oui

1) J’aurais éventuellement pu me faire un nom ailleurs que sur mon blogue et peut-être, gagner en visibilité voire en crédibilité

2) J’aurais pu apprendre un peu ce qu’est un journal et améliorer certains de mes “défauts” d’écriture.  Apprendre également un peu de méthodologie de recherche et de synthèse….

3) J’aurais pu profiter d’un soutien de la part de l’éditeur, voire bénéficier de source et comprendre comment un journal fonctionne. Cela dit je pense qu’écrire un article pour un journal prend nettement plus de temps que sur un blogue, juste par le fait qu’il y a des passages en corrections (par exemple).

J’ai quand même hésité

Il y a un an et demi, mes revenus de mes blogues étaient misérables, c’était carrément tentant de gagner bien plus tout de suite. Encore une fois je me suis dit qu’avec un peu de persévérance et surtout en ne quittant pas des yeux ma cible qui était  de bloguer à 100% de mon temps, il ne fallait pas que quelqu’un me détourne de ma cible avec une proposition alléchante. Heureusement j’ai tenu bon, car aujourd’hui, même si je ne gagne pas encore suffisement pour payer mes factures, j’arrive à voir le bout du tunnel

Mes conseils

Tout dépend de votre situation au moment d’une telle proposition. Mon contexte est différent du votre. Mais ne perdez pas de vue, que votre blogue n’est pas un coup rapide, c’est un sucre lent qui donnera ses effets à long terme. Une telle proposition vous donnerait un coup de boost sur le court terme, mais sur le long terme, je suis sûr que vous regretteriez. Mais cet exemple est le reflet de ce qui se passe dans toutes les situations professionnelles de la vie courante. Travailler pour un patron, travailler pour soi ou monter son entreprise. Tout dépend de vos objectifs dans la vie.

Cela dit, il se peut que demain, je prenne part à un journal, mais de façon sporadique, justement pour scanner un peu les mécanismes du journalisme.

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Ecrit par Thierry Roget

7 Responses to “Pourquoi j’ai refusé un job de pigiste dans un journal high tech”

  1. Merci pour ce super intéressant retour d’expérience ! Apparemment, c’était pour toi un cruel dilemme… A ta place, j’aurais sans doute aussi réfléchi à deux fois. Même avec les “100% du gâteau”, bloguer en indépendant te donnait quand même au final un gâteau plus petit. Mais tu restais ainsi libre des ingrédients du gâteau, avec la possibilité de le faire grossir. En tous cas, je suis très admiratif de ton parcours : l’expatriation, les différents blogs et, aujourd’hui, un trafic brillant…

    Une chose m’étonne. Je lis partout que la voie royale de la monétisation, c’est de vendre son propre produit. De ton côté, je crois que tu as plutôt opté pour la vente de pubs, ce qui semble plutôt bien marcher, d’après ton dernier bilan. Penses-tu que vendre ton propre produit te permettrait de gagner beaucoup plus, en profitant de ton audience, ta notoriété et ton capital-confiance (ce qu’on appelle : l'”autorité”) ? Est-ce une option qui te tente ou préfères-tu miser sur l’augmentation de ton trafic pour gagner plus en pub ?

    • marothro says:

      ; Olivier, effectivement, on dit que la voix royale est de vendre son propre produit, Mais ça ne s’appelle plus du blog il y a plusieurs axe, la pub, la lettre d’information et le produit, en terme de produit, il y a le ebook, le consulting…. Chaque chose en son temps. Le ebook ne saurait tarder, je me mets ça comme objectif pour fin d’année 2011. Cela coïncidera avec 3 ans d’expérience, ce sera donc un bon bilan. Je commence un peu de consulting… on verra où tout cela abouti, mais chaque étape en son temps. Il y a une question de mûrissement et je ne suis pas trop pressé, merci toutefois pour ta question qui mérite réflexion!

  2. fabrice says:

    Pour ma part, j’en est déjà fait et j’accepte à l’occasion. C’est toujours un complément d’expérience, et cela permet de diversifier ses sources de revenus. Après, cela dépend du quota temps de chaque activité.

  3. Rincevent says:

    Pour ma part, au début je me suis dit que je sauterais sur l’occasion.
    Et puis au final, je ne sais plus trop.
    Qui profite de qui…
    Seulement, je ne gagne quasi rien par le blog, alors une occasion de vendre ses écrits ca se réfléchis à deux fois.

    • marothro says:

      Rincevent, il est clair qu’au début, on ne gagner absolument rien avec un blogue, c’est avec le temps que les choses changent. Il faut donc persévérer. Mais effectivement, pourquoi pas faire un peu des deux, mais en privilégiant tout de même son blogue

  4. Merci pour ce retour d’expérience.
    Dans la blogosphère féminine, on voit souvent les blogueuses-pro qui bossent pour des sites féminins importants. C’est donc qu’elles ont passé le pas.
    Tu as eu le courage de refuser et de te lancer dans ta propre aventure, félicitations !

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